Le candélabre et la fin de la création
Le candélabre et la fin de la création
Le 27 novembre 2025
LE CANDELABRE ET LA FIN DE LA CRÉATION
Le lien entre la Ménorah et les jours de la Création
Hanoucca relie deux notions qui semblent opposées, mais qui, en réalité, se complètent : la Ménorah et la fin de la Création. Étonnant… Qu’est-ce qui peut rapprocher un chandelier à sept branches et la finalité du monde ?
Le Rav David Menaché zatsal expliquait que la Ménorah représente les sept jours de la Création, comme le suggère le Midrash : la Ménorah “éclaire” l’œuvre de Dieu (Zohar, Terouma 139b ; Bamidbar Rabba 15:6).
Chaque jour est lié à un autre — sauf le Chabbat, qui est un jour totalement à part (Bereshit 2,1-3).
Voyons cela dans la Paracha de Bereshit.
Chaque jour correspond à un autre jour
Le Rav Menaché expliquait que l’organisation de la Création suit un modèle en parallèle,
que les commentateurs relèvent dans Bereshit chap. 1 :
1er jour ↔ 4e jour
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1er jour : Hachem crée la lumière et l’obscurité (Bereshit 1,3-5).
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4e jour : Il crée le Soleil et la Lune, qui gouvernent jour et nuit (Bereshit 1,14-18).
2e jour ↔ 5e jour
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2e jour : séparation des eaux d’en haut et des eaux d’en bas (Bereshit 1,6-8).
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5e jour : création des poissons et des oiseaux, habitants naturels de ces espaces d’eau et d’air (Bereshit 1,20-23).
3e jour ↔ 6e jour
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3e jour : apparition de la terre ferme, de la végétation et des arbres (Bereshit 1,9-13).
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6e jour : création des animaux terrestres et de l’Homme, dépendants de cette terre nourricière (Bereshit 1,24-31).
Le 7e jour : le Chabbat
Le Chabbat est une création à part, comme la Torah le souligne : “Dieu bénit le septième jour et le sanctifia” (Bereshit 2,3).
Il représente la finalité : le repos, la spiritualité et la présence divine.
Tant que le monde n’a pas de demeure pour Hachem, la Création n’est pas complète
L’ouvrage Hok LéIsraël Habaïr, cité par Dan Brokobza, rapporte une idée profonde : Tant qu’Hachem n’a pas de demeure dans ce monde, la Création n’a pas atteint son but.
Cette idée se retrouve dans le Midrash :
“Dieu désira une demeure dans les mondes inférieurs.”
(Tanhouma, Nasso 16)
Le Premier Beit HaMikdash, érigé par le roi Chlomo (I Rois 6–8), illustre cette finalité : le monde devient “achevé” lorsqu’un lieu est construit
pour que la Présence divine puisse y résider.
Hachem crée un monde matériel, mais c’est l’homme qui doit y préparer une place pour Lui (Ramban sur Shemot 25,2).
La destruction du Temple nous rappelle que notre mission ne se limite pas à construire : nous devons aussi préserver et protéger ce que nous avons sanctifié.
Le Second Temple et la restauration des Maccabim
Lors du retour d’exil, Ezra initia la construction du Second Beit HaMikdash (Ezra chap. 3–6). Plus tard, après la profanation du Temple par les Grecs et les Juifs assimilés (I Maccabées 1,44–54), les Maccabim le restaurèrent, retirèrent toutes les impuretés et purifièrent la Ménorah avant de la réallumer (II Maccabées 10,1-8).
Cette “seconde inauguration” est précisément ce que nous célébrons à Hanoucca.
Hanoucca : bien plus que le miracle de l’huile
Hanoucca ne célèbre pas seulement :
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la fiole d’huile qui brûla huit jours (Shabbat 21b),
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la victoire militaire des Maccabim,
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ou le rétablissement de l’indépendance juive.
Hanoucca célèbre surtout le renouvellement de la finalité de la Création :
➡️ redonner une demeure à Hachem,
➡️ restaurer la lumière divine dans le Temple,
➡️ accomplir le but pour lequel le monde avait été créé.
Tant que la Présence divine n’est pas pleinement révélée, la Création n’est pas entièrement achevée (Rambam, Fin de Hilkhot Melakhim 12,5).
La véritable fin de la Création
La finalité ultime apparaît lorsque toutes les actions humaines — Torah, mitsvot, réparation du monde — convergent vers un même objectif :
➡️ la venue du Machia’h,
➡️ et la révélation complète de la Présence divine.
Comme le dit le Rambam :
“Le monde ne connaîtra sa perfection que lorsque Dieu sera reconnu par toute l’humanité.”
(Rambam, Hilkhot Melakhim 12,5)
Puissions-nous voir ce moment très bientôt, bimhera beyaménou, avec l’aide d’Hakadoch Baroukh Hou.
Cours tiré du livre Méa Chéarim – מאה שערים – Dvar Torah n°73
